“J’ai été séduit dès la première ligne”- réaction d’ un lecteur

Bravo pour ton livre « Memory Traps, Vol 1 » J’ai été séduit dès la première ligne, … Je ne vais pas être long, sinon je recopierais tout le livre. Toutes les phrases  font partie d’un tout dont je ne peux préférer l’une sur l’autre. Tu amènes le lecteur à une conclusion que tu annonces à la fin du chapitre.

Le livre est intéressant. Il relate le présent et le passé, ce qui se passe  au Rwanda par rapport à ce qui s’est passé ailleurs avec des analyses qui associent plusieurs catégories de sciences. Il est dense et ne peut se lire en diagonale. Il est écrit en anglais facile si on considère qu’il est facile de lire et comprendre l’anglais plutôt que de s’en servir pour composer un texte. L’auteur relate en détail deux visions de l’histoire du Rwanda. Il donne des propositions pour sortir la société rwandaise de ses crises sanglantes à répétition. Le livre vaut son pesant d’or.

La première partie : très dense avec beaucoup de références, je devais relire certains paragraphes deux fois pour en reconnaître les mots clés avant de comprendre. De niveau académique, tu dis vers la fin que l’ouvrage était destiné en premier lieu aux étudiants et aux chercheurs.

Les autres parties sont plus digestes, plus faciles à lire. Je suis arrivé à ma conclusion que dans le futur, les politiciens doivent s’accorder à jouer deux cartes à la fois : la carte internationale : se résoudre à une rotation du pouvoir (un mandat, et au plus 2), une rotation pacifique, ne pas élaborer une constitution à la taille de l’individu au pouvoir. Ainsi les erreurs de l’un seront corrigées par le suivant et ce avant que les esprits ne se cristallisent au point de voir la possibilité de changement seulement dans la lutte armée.

Carte nationale : chercher à rétablir la justice dans l’histoire du Rwanda pour que chacun se sente fier d’être ce qu’il est, fier de son ethnie sans passer par le dénigrement de l’autre. J’en étais à cette conclusion quand j’ai lu ce que tu proposes en dernière phrase qu’il faut démocratiser la mémoire. Ici je reviens à une question que le Président Habyarimana a posé une fois lors d’une série de rencontres aves les fonctionnaires vers la fin des années 80: « avant l’arrivée des sindi-nyiginya, le Rwanda n’existait-il pas ? » Je crois que tu traces déjà le chemin vers la réponse.

Lors de la présentation du livre le 28 juin à Bruxelles, certains participants  t’ont proposé de le traduire en français. Je ne partage pas ce souhait. Tu as  dit que ça te coûterait autant d’énergies que d’écrire un nouveau livre et, justement j’attends ce nouveau livre. De plus, l’audience à viser est plutôt anglophone et la jeunesse  dont on lave actuellement le cerveau aura un jour besoin de lire un récit contradictoire, et tu prends beaucoup  de références  d’auteurs étrangers au Rwanda, à des périodes diversifiées. Les efforts devraient se concentrer à la large diffusion du livre pour faire comprendre rapidement la souffrance du peuple rwandais, toutes ethnies confondues.

Oreste Kamana
Bruxelles, Belgique